If - Rudyard Kipling

Publié le par Calamity

Dans un des commentaires sur le blog de Libou, une de ses lectrices citait quelques vers du poême "IF" de Rudyard Kipling.

Je connaissais la traduction d'André Maurois (1918) :
" Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;"

Elle est belle, mais en relisant le texte original, je trouvais qu'elle n'était pas forcément très fidèle.

Au hasard du web, je suis tombée sur le site de Pierre Crescenzo, qui propose le texte original suivi de plusieurs traductions, dont celle d'Hervé-Thierry Sirvent (2003), ma préférée :

Si tu peux rester calme alors que tous tes proches
Semblent perdre la tête et vouloir t'en blâmer,
Si tu peux croire en toi face à tous leurs reproches
Mais comprendre leur doute et toujours les aimer ;
Si tu peux espérer sans te lasser d'attendre,
Si tu ne sais mentir à ceux qui t'ont menti,
Si celui qui te hait, tu ne peux le lui rendre,
- Mais sans parler en Sage, ou sembler trop gentil ;

Si tu rêves - mais sans que ton rêve t'envoûte,
Si tu penses - mais non vers d'abstraites hauteurs,
Et si tu sais passer de Triomphe en Déroute
Sans te laisser berner par ces deux imposteurs ;
Si tu peux supporter qu'un vil faquin dévie
Le sens de tes propos pour abuser les sots,
Ou voir briser ton œuvre et, penché sur ta vie,
Avec de vieux outils assembler les morceaux ;

Si tu peux risquer tous tes gains à pile ou face,
Simple lot au hasard d'un seul coup suspendu,
Tout perdre, et repartir de tes débuts, sans place
En toi pour un soupir sur ton pari perdu ;
Si tu forces ton cœur, tes nerfs, tes tendons, même
Quand las de t'obéir ils s'en sont détournés,
Et si ta Volonté, résistance suprême
À ton vide total, leur dit toujours : « Tenez ! »

Si tu sais rester noble en parlant à la foule,
Si tu sais rester simple en côtoyant les rois,
Si pas plus que l'ami l'ennemi ne te foule,
Si tout homme t'est cher mais nul n'a trop de poids ;
Et si tu peux remplir la minute exigeante
De secondes valant la course que tu fis,
La Terre t'appartient et - leçon plus grisante :
- Tu seras un Homme, mon fils !


Profitez de visiter plus à fond le site de Monsieur Crescenzo ! Un docteur en informatique qui aime San Antonio ne peut pas être totalement mauvais...

Commenter cet article

libou 29/05/2007 23:24

Alors comme ça on me pose en lien !?!!?Non mais... merci.C'est bien vrai que ta version n'a pas grande similitude avec celle que je garde dans ma mémoire.

Michel 17/05/2007 10:51

Merci pour le filon Crescendo, il se trouve que  je suis fan et d'informatique et de San Antonio. Mais je les lisais à l'époque où ils sortaient, ça fait une paie!

Calamity 17/05/2007 14:24

Ma mère les a tous. Je les ai quasiment tous lus à mon tour. Et ce week-end, je m'y suis replongée et j'ai terminé en un rien de temps "J'ai peur des mouches". Chez moi, San Antonio, c'est par crises...